‘Bonne Arrivée’, bienvenue au Burkina Faso ! Suite à une prospection début 2008, EDM a décidé en mai de lancer des activités au pays des hommes intègres. Un de nos partenaires pour ce nouveau programme est l’institution de microfinance ASIENA, Association Inter-institut Ensemble et Avec, créée en 2003 et dirigée par la très dynamique Emilie Somda.
ASIENA a débuté en faisant du crédit aux communautés religieuses, et après cette expérience de crédit direct, a voulu privilégier le microcrédit aux populations les plus pauvres et la mise en place de Mutuelles de Solidarité ou MUSO. Au Burkina Faso, près des deux tiers de l
a population vivent avec moins de 250 francs CFA par jour (0,40 euro). ASIENA intervient avec une double mission de solidarité et d’auto prise en charge, soutenue par trois initiatives concrètes : la création de mutuelles de santé, l’installation de caisses d’épargne et de crédit et la mise en place de formations à l’économique.
Une MUSO est un groupe de personnes qui se connaissent et décident de cotiser en vue d’atteindre certains objectifs communs ou de transformer ces cotisations en crédit pour les membres du groupe. La MUSO diffère de la tontine dans la mesure où elle constitue un capital avant de prêter et octroie des crédits en fonction des besoins de chacun et non d’une manière uniforme pour tous.
Trois caissettes caractérisent la MUSO, une caisse verte pour l’épargne et le crédit, une caisse rouge pour la prise en charge des besoins sociaux et une bleue pour les transactions financières avec l’extérieur. Le groupe se cotise en interne et fixe lui-même le montant des cotisations. A ce jour il y a 85 Muso et plus de 2000 membres. Quand les fonds internes ne suffisent plus, Asiena peut offrir du refinancement à court terme.
ASIENA touche surtout des femmes en zone périurbaine ou rurale, début juin avec sœur Emilie nous nous sommes rendues à Toma à 500km au nord ouest de Ouagadougou pour rencontrer des associations intéressées par créer des MUSO. Après avoir assisté à la séance de sensibilisation, l’association Kayo-lo (Lèv
e-toi) de personnes vivant avec le VIH a décidé de rejoindre les 85 MUSO et plus de 2000 membres qui existent déjà au Burkina Faso. Ce groupe de 36 personnes, dont 32 veuves, s’est mis d’accord sur le montant des cotisations hebdomadaires et pourra bientôt s’octroyer les premiers microcrédits. Pour la présidente de l’association, Pélagie, c’est une grande fierté d’adhérer à une MUSO, non seulement les microcrédits vont les aider à développer des activités de petit commerce, de dolo (bière artisanale locale) ou de restauration (riz sauce, beignets…) et à améliorer leur revenu, mais cela leur donne aussi l’occasion de penser à autre chose que la maladie et de mettre leur énergie dans ces nouveaux projets.
Entrepreneurs du Monde soutient la professionnalisation d’ASIENA grâce à une aide financière qui servira notamment à la mise en œuvre et l'informatisation du système d'information et de gestion de l’IMF. Dans le cadre du partenariat, ASIENA souhaite notamment lancer un projet d’agence mobile de crédit et d’épargne pour mieux servir les populations les plus pauvres vivant dans les zones ‘non loties’ en périphérie de Ouagadougou.
Un article est paru ce jour dans Le Courrier Cauchois. Cet hebdomadaire présente ici aux Normands le micro-crédit et notamment les actions d'Entrepreneurs du Monde en Afrique de l'ouest. Vous pouvez le télécharger et le lire en cliquant ici.
Gladys Tei est une femme mariée, mère de trois enfants. Son aîné a 20 ans & étudie dans le supérieur, le second 15 ans & est au lycée, quant au troisième il est à la maternelle. Gladys vient d’Akosombo, une ville de la région Est (Eastern Region) connue pour son barrage hydro-électrique sur la rivière Volta. Ses parents sont venus de là-bas alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, pour s’installer à Accra où elle a toujours résidé depuis. Après son mariage, elle est venue s’installer à Chorkor avec son mari qui est conducteur de tro-tro*, voilà déjà plus de 20 ans.
Gladys a toujours été dans le secteur de la restauration pour ainsi dire. Dans un premier temps, elle vendait des haricots & du riz sur le bord de la route à Dansoman (où ID-Ghana possède une autre agence), puis assez vite, elle a ajouté le banku* à son menu.
Grâce à cette activité, elle réussit à l’époque à cofinancer avec son mari l’achat d’un lopin de terre sur lequel le couple construit une maison de deux pièces et une petite gargote où se restaurer. Elle met en vente dans ce lieu les mêmes plats que précédemment, auxquels elle peine à ajouter quelque chose de nouveau par manque de finance. C’est alors qu’un de ses clients lui parle d’ID-Ghana. Elle ne met pas longtemps à localiser l’agence de Chorkor ni à en obtenir un prêt de GH¢ 80/- en septembre 2005. Bien qu’un peu petit à son goût, ce premier financement n’en est pas moins véritable catalyseur pour le développement de sa gargote. La liste des plats sur le menu s’allonge & inclut bientôt des plats locaux comme le fufu*, le kokonté* & l’omotuo. Ses second, troisième, quatrième & cinquième prêts s’élèvent respectivement à 160, 200, 200 de nouveau & enfin GH¢ 350/- en janvier dernier (voir les points verts sur le graphique). En même temps, elle prend conscience de l’importance d’épargner avec ID-Ghana & se montre particulièrement attentive à épargner régulièrement (voir courbe jaune sur le graphique).
Comme le nouveau comptoir en verre & la télévision dans la salle en témoigne, les prêts successivement obtenus d’ID-Ghana ont véritablement aidé la petite entreprise de Gladys à changer de standing : d’un chiffre d’affaire hebdomadaire d’environ GH¢ 720/- autrefois, Gladys enregistre maintenant certaine semaine jusqu’à GH¢ 1.500/- voire GH¢ 1.800/- ! Suffisamment d’argent pour prétendre à une maison à quatre chambres. Et bien sûr, l’activité croissante l’a amenée à agrandir son équipe de 6 à 10 personnes aujourd’hui !
Mais là ne s’arrêtent pas les bénéfices de sa rencontre avec ID-Ghana confie-t-elle : les formations ont été un précieux plus lui permettant de calculer son profit & partant, le montant qu’elle peut épargner. Sa façon de gérer son argent & de le dépenser ont largement profité de ces conseils. S’agissant des formations sociales, Gladys a le sentiment qu’elles lui ont permis d’améliorer son rapport avec son entourage.
Mais les choses ne s’arrêtent pas là : Gladys Tei compte bien hisser son petit restaurant à un standing supérieur encore. Dès le prochain prêt, elle souhaite cimenter le sol de son espace-cuisine afin de le rendre plus propre (voir photo). Elle espère ainsi pouvoir terminer bientôt les chambres de sa maison agrandie !
(*)
Tro-tro : véhicule de transport en commun (le plus souvent un mini van) opérant sur des lignes urbaines au parcours prédéfini. C’est le moyen de transport populaire par excellence à Accra.
Banku : pâte de maïs & de cassave cuite à l’eau chaude afin de produire une pâte blanchâtre & dense.
Fufu : cassave, yam, banane plantain ou riz pillé jusqu’à obtenir une masse gluante dans un mortier en bois de grande dimension.
Kokonté : pâte préparée comme le banku mais similaire au fufu en terme de résultat.
Omotuo : plat similaire au banku mais à base de riz.
L'agence d'Agbogbloshie a de nouveau eu le plaisir de faire l'objet de l'attention de l'Ambassade de France aujourd'hui. Et aujourd'hui n'était pas n'importe quel jour pour nous car c'est le jour anniversaire de l'enregistrement officiel d'ID-Ghana auprès des autorités ghanéennes en 1998 ! Heureux concours de circonstance ou clin d'oeil du destin, Mme Catherine Jacquemot, la femme de l'Ambassadeur de France au Ghana, Mme Francine Meyer, la Conseillère de Coopération & d'Action Culturelle (SCAC) & Mme Noémie Pinsolle, la Cheffe du Service Administratif & Financier de l'Ambassade sont venues visiter le programme dans cette agence qui a plus que toute autre fait l'objet d'un suivi de la part de l'Ambassade.
En effet, cette visite fait suite à une précédente visite de l'Ambassadeur en octobre dernier, puis du Coordinateur ONGs du SCAC M. Morel en mars (voir le post du 19 mars sur ce blog).
Pour le responsable d'agence Benjamin Sackey (en chemise verte), la présentation de son agence a été l'occasion d'un échange amical & intéressé de la part des visiteuses qui ont pu lui poser de nombreuses questions sur la gestion d'activités de microfinance & les défis du contexte particulier à Agbogbloshie, une des zones de marché les plus importantes d'Accra.La visite du terrain nous a amenée en compagnie de Benjamin & de l'agent de crédit Emmanuel Anaafi (chemise à carreaux bleus) vers de nombreux bénéficiaires du programme, peu avares en explications sur le dynamisme de leur échoppe.
Cette visite, qui s'est étalée sur environ deux heures et demi, a donc permis de faire un peu plus connaître le travail d'ID-Ghana à l'extérieur, au travers d'une de nos agences les plus performantes.
En effet, tout comme l'agence pilote de Glefe, l'agence d'Agbogbloshie affiche de manière constante, mois après mois, des indicateurs proches des maxima. Une motivation supplémentaire pour accélérer la documentation du modèle développé dans cette agence & pour le répliquer dans les deux autres agences d'ID-Ghana située en zone de marché, à savoir Kaneshie & Madina.