jeudi 26 mars 2009

Un week-end à l’ombre des voûtes nubiennes

Les 13 et 14 mars derniers, les équipes d’EdM-BF et d‘Asiena* ont passé deux jours ensemble à Boromo, une ville située au cœur du Burkina Faso, à mi-chemin entre Ouagadougou et Bobo Dioulasso. Elles étaient accueillies par une 3ème structure partenaire : l’Association Voûte Nubienne** (AVN). L’équipe d’EdM-BF était, hormis le responsable comptable, retenu à Ouagadougou, au complet et Asiena avait convié ses 12 animateurs accompagnés chacun d’un micro entrepreneur membre des MUSO*.
Ce sont donc 35 personnes au total qui étaient logées à l’hôtel des Voûtes Nubiennes de Boromo pour deux jours de découverte de la technique et des synergies possibles avec les projets d’entreprenariat social d’EdM et Asiena.

AVN nous a tout d’abord fait une présentation en images, à l’aide d’une gigantesque et très belleche murale garnie de photos en couleur de voûtes nubiennes déjà réalisées en Afrique de l’Ouest : il y en a de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les formes et pour tous les budgets ! Des coordinateurs et un chef maçon de l’association nous ont exposé les grands principes. La voûte nubienne est, en matériaux locaux sans bois, ni tôle, mais en briques de terre uniquement et construite par des maçons locaux formés par l’association et présents dans tout le pays. Cette construction est durable, elle résiste aux intempéries et avec un minimum d’entretien durera plusieurs générations. Elle est enfin économique, et moins chère à la construction qu’une maison en parpaings, elle fait surtout réaliser une économie sur le long terme à son propriétaire.

L’auditoire était très impressionné par cette prouesse architecturale qu’on a peine à imaginer sans le voir de ses propres yeux. Et tous furent très sensibles à la question économique : la possibilité qu’offre AVN aux populations de contribuer en nature à la construction et, par là, de réduire d’autant le coût en numéraire du bâti est un argument vraiment important.

Nous avons ensuite pu visiter les voûtes nubiennes de Boromo et des environs : l’hôtel, les bureaux de l’association, une église et une salle d’alphabétisation. Ces visites sur le terrain furent l’occasion d’exclamations sur la qualité et l’esthétique de ces réalisations. Elles furent également prétexte à de nombreuses autres questions sur la modularité des voûtes et la possibilité de construire à étage sans couler de dalle, la plupart des personnes présentes en étant déjà à imaginer concrètement la construction d’une voûte nubienne dans leur village…

A la fin du WE, les équipes se sont réunies avant un dernier déjeuner de riz sauce arachide pour faire le bilan... Les animateurs pensent que leur seule parole ne suffira pas à convaincre, donc l’équipe d’AVN sera certainement amenée à se déplacer avec sa bâche murale pour sensibiliser directement les populations, les MUSO pourront aussi visiter des voûtes nubiennes construites dans leur région. Les femmes, principales partenaires d’Asiena évoquent le problème des hommes, qu’il faudra à la fois motiver pour la construction, mais aussi sensibiliser car ils sont en majorité propriétaires des terrains. Mais bâtiments communautaires ou maisons individuelles, plusieurs personnes envisagent déjà des chantiers, et tous étaient après ces visites plutôt envoûtés!

Et l’on ne pouvait pas rêver meilleure conclusion pour ce WE que la confirmation que la Fondation Les Amis du Sénégal avait accordé une subvention à Asiena pour la construction de 4 bâtiments en Voûte Nubienne à Dédougou et Diébougou. 2 salles d’alphabétisation et 2 bureaux-guichets permettront de consolider et développer les activités d’Asiena dans ces zones ! Les chantiers doivent commencer très vite pour espérer tirer les voûtes avant le début de la saison des pluies…

Emilie Frapsauce

* Asiena, IMF partenaire d’EdM-BF - Association Inter-Instituts « Ensemble et Avec » créée en 2002, intervient au Burkina Faso et au Niger avec une double mission de solidarité et d’auto prise en charge, soutenue par trois initiatives concrètes : la création de mutuelles de santé (MUSO), de caisses d’épargne et de crédit et la mise en place de formations à l’économique.

** AVN promeut la voûte nubienne : une technique africaine de construction de toits en terre. Au Sahel, c’est la seule alternative à l’utilisation de bois rare et de tôles inadaptées - chaudes et chères - qui obligent les populations à une architecture les enfermant dans un cercle vicieux de pauvreté. En vulgarisant cette technique à grande échelle, le programme ‘Pour des Toits de Terre au Sahel’ permet aux populations d’Afrique subsaharienne d’améliorer durablement leur qualité de vie

vendredi 20 mars 2009

La Success Story de mars au Ghana

Lardi a 43 ans. Elle est mariée et a trois enfants. Son mari, 48 ans, travaille pour Prudential Bank. Elle vit à Nima avec sa famille. Son fils aîné a 20 et vient de terminer l'école secondaire, le second a 18 ans et est au lycée et la dernière, 12, est en primaire.
Lardi est originaire de Kongo dans la haute Région Orientale du Ghana. Elle a émigré vers Accra à la recherche d'un emploi. À son arrivée à Accra, elle a vécu avec un oncle dans le quartier de l’hôpital militaire ‘37’ jusqu'à ce qu’elle trouve un emploi comme aide de maison. Ayant le sentiment d’être exploitée, elle a ensuite quitté ce travail qui lui rapportait un salaire de misère. Elle a ensuite commencé à vendre de l'eau fraîche, initialement dans la rue, jusqu'à ce qu'elle rencontre son mari. Plus tard, elle a déménagé de la maison de son oncle pour rejoindre son mari à Nima, où elle réside depuis. Même si la famille a changé de logement un certain nombre de fois, elle a toujours vécu au sein du même quartier de Nima.
Pendant un certain temps après son mariage, Lardi a continué de vendre de l'eau fra
îche jusqu'à ce que ses clients demandent des sodas. Elle a donc commencé à épargner de l'argent tiré du profit de sa petite affaire. Après quelques temps d’épargne, son mari a apporté sa contribution pour qu’elle puisse acheter ses premiers sodas. Mais l'argent n'était toujours pas suffisant pour lui permettre de s’enregistrer avec le distributeur de la marque Coca Cola. C'est à ce moment-là qu'elle a eu besoin d'un prêt pour lui permettre de réaliser son rêve.
C’est alors qu’elle a appris la connaissance d’ID-Ghana. Le hasard a en effet fait qu’elle vit dans la même maison que le frère de Sunday Daa Tii, notre Agent de Crédit à Nima. Elle est entrée en contact avec lui, quand il est allé rendre visite à son frère. A travers une première conversation, elle a pris connaissance de la nature de son travail et n’a pas tardé pour partager avec Sunday son besoin en capital. Ce dernier à son tour a accompagné Lardi tout au long du processus de candidature et lui a bien vite permis d’obtenir son premier prêt.
Elle a reçu son premier prêt de GH¢ 30 le 20 août 2007. Avec ce premier apport de capital, elle a pu procéder à son enregistrement auprès de la firme Coca Cola qui lui fourni depuis ses approvisionnements en sodas. Avec ses prêts suivants de GH¢ 60, GH¢ 100, GH¢ 150, GH¢ 200, GH¢ 250 et GH¢ 400 reçus entre Mars 2005 et Novembre 2008, elle a réussi à se diversifier en ajoutant des conserves et des biscuits à son offre.
Grâce à l'appui d'ID-Ghana, sa petite entreprise s’est développée. Elle a également été en mesure d'acheter un garde-manger en verre qui fait bonne figure dans sa gargote. Avant de rencontrer ID-Ghana, ses ventes étaient d'environ GH¢ 10 par semaine. Actuellement, ses ventes se situent entre GH¢ 100 et GH¢ 150 par semaine !
S’agissant des formations reçues d’ID-Ghana, elle les trouve très bénéfiques car elles l’ont aidé à mieux gérer ses finances. En plus de ses économies de GH¢ 150 avec ID-Ghana, elle épargne aussi avec un Susu collector (système local d’épargne traditionnelle) ainsi qu’avec la Stanbic Bank.
Aujourd'hui, notre soutien financier l’a beaucoup aidé dans le paiement des frais de scolarité de ses enfants. Elle a été en mesure d'acheter des ustensiles de cuisine qu’elle n'avait pas auparavant. Elle est également en mesure de soutenir son mari mieux maintenant.
Son rêve d’avenir est désormais de mettre suffisamment d'argent de côté pour aider son mari à finaliser la construction d’un bâtiment qui a été arrêtée faute de moyens.

dimanche 8 mars 2009

La femme à l'honneur au Burkina Faso


Microstart** parraine la Journée de la Femme à Koubri


On doit à Clara Zetkin la création de la journée internationale de la femme, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, en 1910 Copenhague, puis c’est dans les années 70 que le 8 Mars est devenu La Journée Mondiale de la Femme aux Nations Unies. Cette journée est maintenant fériée au Burkina Faso, au Laos, en Ukraine, en Russie et dans beaucoup d’autres pays.

Aujourd'hui, la journée de la femme est selon les pays plus ou moins suivie perdant dans certains cas son caractère militant et revendicatif. Ailleurs, on suggère aux maris d’emmener leurs femmes à Venise ou de leur offrir un parfum… Ici on défile et on s’active pour des danses, des commémorations et des rencontres sur le thème des droits de la femmes.


‘Investir dans les filles et les femmes pour un développement durable’, tel était le thème de cette journée du 8 mars au Burkina Faso... A l'instar d'autres pays, la situation n'est guère reluisante au Burkina Faso, les femmes demeurent toujours, avec les enfants, les plus exposées à la pauvreté, aux violences de toutes sortes, à la discrimination et à l'exclusion sociale. Le mariage précoce et forcé de la fille, le lévirat, les violences conjugales, le harcèlement sexuel en milieu scolaire, l'exclusion sociale des femmes âgées … sont autant de stigmates de ces violences et de cette discrimination. Il y a aussi la persistance de l’excision, qui quoiqu'en régression n’a pas encore été éradiquée.


Emotion et espoir alors de voir ces femmes défiler fièrement à Koubri , dans leurs belles tenues, certaines avec leur bébé dans le dos, d'autres arborant fièrement leurs outils de travail, toutes la tête haute devant les autorités locales et coutumières. Alors que le maire de Ouagadougou, Simon Compaoré est venu en personne assister à l’évènement, espérons que le message de Mme Phoebe Ouedraogo la dynamique et charismatique directrice de l’institution Microstart et marraine de la cérémonie sera entendu par ces hommes, donner plus de pouvoir aux femmes et les écouter… (il y a par exemple seulement 3 conseillères municipales sur 51 à Koubri).


Mme Ouedraogo, modeste ne mentionne pas le travail de son institution à la tribune, mais elle applique quotidiennement et depuis près de 10 ans le slogan du jour. Sa légitimité est toute acquise, car elle et son équipe aident des milliers de femmes à sortir de la pauvreté grâce à la microfinance. Les femmes partenaires de Microstart s’organisent par groupes de 5 ou plus et empruntent des montants allant de 5.000 à 500.000 FCFA à un taux de 2% par mois ; toutes sont incitées à épargner au moins 10% du montant du prêt. Grâce à cela et aux formations offertes par l’institution, notamment le programme d’alphabétisation en collaboration avec le FONAEF (Fonds National pour l’Education des Filles), elles peuvent sortir de la précarité, s’instruire, envoyer leurs enfants à l’école et tout simplement offrir à leurs familles trois repas par jour.

La réussite de cette journée montre bien l’impact de Microstart à Koubri, où les femmes sont organisées et dynamiques, cela nous conforte bien sûr à EdM dans l’importance de les soutenir en coulisses pour les aider à continuer à ‘Investir dans les filles et les femmes pour un développement durable’.


** EdM a rencontré Microstart il y a un an lors de son implantation au Burkina Faso et le partenariat s’est noué car l’IMF avait besoin d’un appui technique sur leur système d’information et gestion Loan Performer.


jeudi 5 mars 2009

Signature du contrat de financement FSD

Le contrat entre l'Ambassade de France à Accra et ID-Ghana a été signé aujourd'hui par l'Ambassadeur de France à Accra, SEM Francis Hurtut (à droite) et le Directeur Exécutif d'ID-Ghana (Romain Tevels, centre), en présence du Directeur Adjoint d'ID-Ghana (Bruno Achana, à gauche).
Comme mentionné dans un précédent article (voir ce blog au 9 janvier), ce financement de € 24.000 sur un an permettra à ID-Ghana de développer un nouveau produit de prêt destiné aux micro-entrepreneurs les plus défavorisés d'Accra. Ce produit, appelé "Kick Start loan" (ou "prêt coup de pouce" en français), n'a ni intérêt ni frais de dossier.
L'idée est d'identifier les micro-entrepreneures dans une situation de précarité telle qu'elle ne leur permet pas de gérer un prêt "standard". Un suivi social renforcé pendant la durée du prêt est censé leur permettre d'apprendre à utiliser et rembourser le prêt. Dans un laps de temps d'un à deux cycles de prêts (environ 3 à 6 mois), la micro entrepreneure sera en mesure de passer à un prêt "normal", au sein d'un de nos groupes "Onipa Nua".

Lire aussi l'article sur le site de l'Ambassade de France à Accra.